Le Prophète Mohamed (salla Allahou aleyhi wa sallam)
Fils unique d’Abdallah et d’Amina, tous deux issus de familles prestigieuses, Mohamed naît en 571 après J.-C. à La Mecque, cité commerçante au carrefour des grandes routes caravanières. En ce temps-la, les Arabes sont divisés en communautés autonomes : les tribus, souvent nomades et guerrières, et les sédentaires, pour la plupart installés à La Mecque, qui vivent du commerce. Unis par leur langue, ces peuples revendiquent tous leur origine arabe mais se livrent à des guerres tribales. La Mecque est aussi un lieu de pélérinage ou de multiples idoles sont célébrées autour de la Kaaba.
À l’âge de 40 ans, en 610, Mohamed reçoit la première révélation : un court texte de cinq versets. Même si le lieu de la révélation reste un mystère, l’effet produit sur le prophète ne fait aucun doute : il a été en contact avec des forces mystérieuses. Pourtant, une poignée d’individus commencent à croire en sa prophétie : son épouse, bien sûr, son plus grand ami Abou Bakr, son cousin Ali et quelques esclaves étrangers. Mohamed s’attaque aux idoles, piliers du commerce mecquois. Les Quoraychïtes, pour qui l’envoyé de Dieu ne peut être quelqu’un de socialement insignifiant, ne le reconnaissent pas et le persécutent. Le Coran est révélé à Mahomet par groupes de versets au cours des vingt-trois années suivantes. La révélation s’est avérée être la profession de foi d’un monothéisme qui, reconnaissant les messages précédents, fondateurs du judaïsme et du christianisme, se voulait le prolongement de ces deux dogmes. En 622, après dix ans de persécutions croissantes à La Mecque et la mort de sa femme, Mohamed ordonne l’émigration fondatrice ou Hégire : le déplacement de tous ses partisans vers Yatrib, future cité de Dieu qu’il nommera Médine…
Mohamed continue à Médine, sur le terrain, son action fondatrice. D’abord créer une communauté (umma) qui transcende les tribus et unit les fidèles au nom de la seule soumission à Dieu, définition du mot islam. Là, il affronte la réalité avec deux projets : acquérir la reconnaissance des nombreuses tribus encore réfractaires et instaurer une nouvelle légalité basée sur les prescriptions de Dieu (la charte de Médine). Son histoire personnelle, ses déboires conjugaux, les batailles, les scandales familiaux ou claniques dont il est témoin sont autant d’occasions pour asseoir de nouvelles normes, directement issues de la révélation divine. Sa première bataille, Badr, modeste fait d’armes, a été très importante symboliquement puisqu’il a défait les Mecquois qui l’ont chassé de sa première patrie. À l’exception de quelques défaites, Mohamed gagne la guerre de l’unification des Arabes sous la bannière de l’islam. La nouvelle religion a maintenant son système, elle peut fonctionner malgré l’échec de la tentative d’alliance avec le judaïsme. Sur ordre divin, la prière ne se fait plus vers Jérusalem : désormais la nouvelle direction sacrée (ou quibla) est la Mecque.
Mohamed proclame sa religion hors de la péninsule arabique et conquiert la ville sainte qui lui était interdite d’accès, La Mecque. Médine est désormais la capitale d’un immense pays où la majorité se reconnaît dans l’islam. Le dernier objectif de Mohamed est de consolider cette unité en marquant son pouvoir face aux deux grandes puissances qui se partagent alors le monde, Byzance et la Perse sassanide. Il engage alors à Mo’ta, au centre de la Jordanie actuelle, sa première bataille hors des limites de la péninsule arabique. C’est la première confrontation avec une puissance mondiale, prélude aux futures conquêtes que ses compagnons étendront jusqu’à l’Empire. En 630, une année avant sa mort, il engage avec succès sa bataille la plus importante pour conquérir la ville sainte, La Mecque, siège de la demeure de Dieu ou Kaaba, sanctuaire construit par Abraham selon le Coran…
À 63 ans, Mohamed, épuisé et malade, fait un discours d’adieu dans l’aire sacrée autour de la Kaaba. Il souligne que sa disparition ne laissera rien d’autre à ceux qui ont cru en lui que ce message céleste : le Coran, achève par une dernière révélation. C’est ce message qui est le thème principal de ce cinquième épisode. Cet unique legs de Mohamed a d’abord été conservé pour l’essentiel dans les mémoires des compagnons ou sur des supports de fortune, telles des omoplates de chameaux, qui ne constituent pas un livre au sens habituel du terme. Il faut attendre un quart de siècle, après sa mort, pour que son troisième successeur, le calife Othman, recense les paroles écrites, les rassemble et les classe en un unique document. Une telle réalisation n’allait pas sans poser des problèmes que le pouvoir a résolu dans une logique politique : le prophète n’était plus la pour donner des recommandations célestes.
Voir le documentaire diffusé sur la chaine ARTE en cinq épisodes sur la vie du Prophète Mohamed :
La vie du Prophète Mohamed (2ème partie)
La vie du Prophète Mohamed (3ème partie)
La vie du Prophète Mohamed (4ème partie)
La vie du Prophète Mohamed (5ème partie)
N.B. : Le linguiste Michel Masson émet l’hypothèse, à l’aide de sources linguistiques et historiques prises dans des contextes et des époques variées, que « Mahomet » serait la transcription volontairement fautive de « Muhammad » et que cette déformation dénoterait un rejet du prophète de l’islam en Occident.